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Définition

Le suffrage universel est le droit de vote accordé à tous les citoyens en capacité de voter. Il faut pour cela remplir des conditions :

  • d'âge minimum,
  • de nationalité
  • et d'inscription sur les listes électorales.

Il est le symbole d'un régime démocratique et du vote égalitaire où chaque citoyen représente une voix. Il permet donc au peuple (en capacité de vote) d'exprimer sa volonté lors d'un scrutin. Le suffrage universel sert à élire des représentants politiques ou à répondre à des questions de premier ordre lors d'un referendum. Dans une démocratie, le suffrage universel est un droit civique fondamental.

Suffrage universel direct et indirect

Le suffrage universel peut être direct et indirect. Il est direct lorsque le corps électoral choisi un représentant parmi une liste de candidats, comme lors de l'élection présidentielle en France.

En revanche, il est indirect lorsque les votants désignent un groupe restreint de personnes élues, ou " grands électeurs ", qui choisira, à son tour, le(s) représentant(s). Le mode indirect est appliqué en France pour désigner les sénateurs. On peut également le retrouver lors des élections présidentielles américaines.

Son histoire en France

Le terme de suffrage universel est apparu en 1765, par le biais de Denis Diderot (écrivain, philosophe et encyclopédiste français). Toutefois, il ne signifiait pas " le droit de vote accordé à l'ensemble des citoyens ", mais plutôt le " vote à l'unanimité ".

Un suffrage universel que par le nom

En France, le suffrage universel a longtemps été masculin et n'a donc pas toujours eu un véritable caractère universel ou intégral. Il fait (brièvement) son apparition dans l'histoire politique française le 11 aout 1792, après la décision du Conseil exécutif de convoquer une nouvelle Assemblée : la Convention Nationale. La participation resta très faible.

Après un retour au suffrage censitaire, le suffrage universel direct prend toute son importance en 1848, sous la Deuxième République (1848-1852) et est appliqué pour l'élection du Président de la République. A partir de cette date, il ne sera plus remis en cause et l'âge de la majorité électorale est prévu à 21 ans. Le corps électoral passe alors de 246 000 votants à plus de 9 millions. Sont encore exclus :

  • les femmes,
  • les militaires,
  • les détenus,
  • le clergé
  • et les Algériens.

En 1852, la Constitution du Second Empire de Napoléon III et son article 36 prévoit l'élection des députés par le suffrage universel. La Constitution de la Troisième République (1875-1940) étend le suffrage universel masculin à l'élection de l'Assemblée Nationale et pour l'essentiel du Sénat. Jusqu'à la Constitution de la Cinquième République (1958), les chefs d'état français étaient élus au suffrage universel indirect, puisque le Président de la République était désigné par des grands électeurs (parlementaires, élus municipaux, etc.).

Charles de Gaulle, grand défenseur du suffrage universel direct

Toutefois, le président Charles de Gaulle demande au peuple français, le 28 octobre 1962, par le biais d'un referendum hautement critiqué par les parlementaires, s'il désire que le suffrage universel direct soit mis en place. Avec plus de 62,25% de réponses favorables, et malgré 23,03% d'abstention, le suffrage universel direct est adopté.

Au cours du 20ème siècle, le suffrage universel a connu des évolutions :

  • l'ordonnance du 21 avril 1944 accorde le droit de vote aux femmes. Le terme même de " suffrage universel " prend alors plus de sens. Les femmes de plus de 21 ans ont pu voter pour la première fois lors des élections municipales d'avril-mai 1945.
  • C'est ensuite au tour des militaires d'obtenir le droit de vote, le 17 aout 1945, eux qui ne pouvaient voter sous-prétexte de ne pas prendre parti dans les luttes politiques. Le droit est ensuite étendu à l'ensemble des Français d'outremer en 1946.
  • Enfin, la dernière évolution date de 1974. Le président Valéry Giscard d'Estaing abaisse à son tour la majorité électorale à 18 ans.

C'est ainsi que d'un suffrage qui n'avait que le nom d'universel, celui-ci s'est étendu à une très large part de la population française, favorisant une véritable expression de la volonté populaire.